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La reformulation du droit romain

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Représentation imaginée de Bologne du XIIe siècle (1917).

L’émergence et le développement du notariat italien – et plus tard méridional – ne pourraient s’expliquer et se comprendre sans la prise en compte de ce que l’on a appelé la « renaissance » du droit romain, et qu'aujourd'hui les historiens nomment plutôt renormalisation ou reformulation du droit.

En effet, les notaires, non seulement puiseront dans cette science juridique du vocabulaire et des formules, mais surtout forgeront à partir d’elle une pratique de l’acte privé. Cette « renaissance » est un mouvement intellectuel né en Italie, et particulièrement développé à Bologne dès le début du XIIe siècle, consistant en une redécouverte et une reformulation du droit romain tel qu’il avait été codifié par Justinien (4).

Ainsi, à la fin du XIe siècle, les compilations byzantines, qui représentent la totalité du droit romain accessible (Corpus juris civilis), sont redécouvertes en Italie, puis étudiées. Le contexte de renouveau intellectuel du XIIe siècle stimule les études juridiques qui connaissent un essor très rapide.

Vers 1100, le premier maître à enseigner et à écrire sur le droit romain s’appelle Irnerius, grammairien, juge de Bologne. Cette ville devient alors, pendant tout le XIIe et la première moitié du XIIIe siècle, la capitale européenne incontestée du droit. L’enseignement des disciples d’Irnerius attire des élèves de toute l’Europe qui viennent y étudier les leges, les lois romaines (expression qui désigne l’ensemble des Compilations de Justinien et pas seulement le Code).

Cette nouvelle « science des lois » connaît un tel prestige qu’elle détourne des jeunes gens initialement destinés à la théologie. La base de l’enseignement est la glose, c'est-à-dire l’explication de texte. Les gloses sont compilées pour former de véritables manuels. La somme sur le Code de Justinien, achevée vers 1210 par Azon, est sans doute, jusqu’à la fin du Moyen Âge, un des manuels de droit les plus diffusés dans l’Occident latin, tant auprès des savants que des praticiens (5).

D’autres centres d’enseignement vont alors apparaître. Rentrés chez eux, les jeunes juristes formés à Bologne ouvrent un studium (lieu d’enseignement) et se mettent à leur tour à lire le droit. Dès les années 1130, une école juridique se développe dans le midi de la France (Arles, Avignon, Valence, Montpellier).

Vers 1150, un certain Rogerius y enseigne le droit ; un de ses élèves, Placentin, enseigne à Montpellier entre 1159 et 1180. Mais toutes ces écoles sont épisodiques : liées à la présence d’un professeur, elles disparaissent avec lui. Seule l’école de Bologne constitue alors une université au plein sens du mot : les étudiants y constituent une personne juridique collective, dotée de privilèges distinctifs donnés par l’empereur ou par le pape.

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