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Inventaires imprimés et dactylogrammes

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Tables des résidences et des notaires du Tarn dressées vers 1933. Archives départementales du Tarn, 3 T 66-67.

Emile Jolibois, pionnier dans la collecte de ces archives, en a lui-même naturellement entrepris le classement. Dans son rapport de 1876-1877 (375), on peut lire : L’impression de l’inventaire sommaire [des archives anciennes] se poursuit (…). Le deuxième volume touche à sa fin, car, dans quelques mois, l’analyse des registres du notariat qui doit le terminer sera complète ; mais c’est un travail fort long car la plupart de ces registres ont plus de cinq cents feuillets. De fait, le volume 2 de l’inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790 est publié en 1878 (353). Les notaires y figurent dans la série E Féodalité, communes, bourgeoisie et familles, conformément aux instructions du 24 avril 1841 pour la mise en ordre et le classement des archives départementales, alors en vigueur. Dans l’ordre de l’instruction, les notaires et tabellions prennent la suite des archives de la féodalité (E 1-105), et des titres de famille (E 106-307), sous les cotes E 308 à 682. Quelques registres de notaires ont été intégrés au supplément de l’inventaire de la série E, publié en 1889 par Emile Jolibois (354) qui concerne les communes…

Jusqu’en 1945, le rythme des classements suit celui des entrées, à l’exception notoire du don Sarrasy (355), entré en 1877. On sait qu’Emile Jolibois en avait dressé un inventaire, inachevé en août 1877 (356) qui semble avoir été perdu ; mais c’est Charles Portal, archiviste de 1890 à 1927, qui le publie en 1906 (357). Ce dernier publie également une description succincte des archives notariales au fur et à mesure des entrées, dans ses « Accroissements des archives départementales du Tarn antérieures à l’an VIII » édités en 1895, 1902 et 1912 (358). En effet, considérant que les entrées signalées au préfet dans le rapport annuel de l’archiviste ne sont consultées qu’exceptionnellement par les érudits, il fait le choix de donner une plus grande publicité aux augmentations des fonds d’archives pour aller contre l’état actuel des choses (où) on peut compter sur un siècle ou deux avant de savoir de quelles nouvelles ressources disposent les historiens.

Les classements sont effectués entrée par entrée, chaque entrée importante étant traitée comme un fonds tandis que les « petites » entrées sont regroupées sous l’appellation Acquisitions et dons d’archives. Ces inventaires ne comportent pas de cotes ; les articles ont simplement un numéro d’ordre dans le fonds. Malgré son très bref passage dans le Tarn, Henri Chanteux, archiviste en 1932-1934, a le temps de prévoir une réorganisation complète de la série E, conforme aux directives de la circulaire du 26 juillet 1913, qui mettait fin à la numérotation sériaire continue, celle-là même qui avait dû contraindre Emile Jolibois à classer des registres de notaires dans les fonds communaux. Elle compte huit sous-séries, dont la septième, VII E, est réservée aux notaires. On lui doit aussi l’établissement du premier registre du répertoire numérique des fonds notariaux (359), qui semble avoir été ouvert en 1933. Ce répertoire comporte un inventaire de l’ensemble des archives des notaires depuis l’« ancien fonds » de Jolibois et inclut les acquisitions et dons divers jusqu’au fonds Viguier, entré en 1930. Il a été poursuivi par ses successeurs jusqu’au fonds Malaval, entré en 1945.

Encore plus intéressant, trois tables alphabétiques ont été dressées à la suite des trois volumes du répertoire, pour faciliter les recherches dans les archives notariales, qui forment déjà un volumineux ensemble : une table des résidences, une table des notaires et une table du notaire qui a déposé aux archives, c’est-à-dire une table des versements (360). Pierre Bayaud, successeur d’Henri Chanteux, qui a classé les nombreux fonds de notaires – de Mons à Fargues – entrés entre 1933 et 1939, écrit dans ses rapports qu’il classe les fonds notariés dans la série VII E (361). Dans la pratique toutefois le classement dans la sous-série VII E reste tout virtuel, puisque les fonds ne sont toujours pas cotés.

Maurice Greslé-Bouignol, le jeune directeur qui vient de prendre ses fonctions en 1946 (pour presque quarante ans), revoit le manuscrit établi par les archivistes précédents (362), le prépare pour l’imprimeur et le soumet à l’approbation de la direction des Archives de France (363). Les premières feuilles (60 à 70 environ) avaient été imprimées en septembre 1945 (364) ; chaque année, jusqu’en 1949, des feuillets complémentaires sont imprimés, mais la publication prend un peu de retard en raison du versement Ducos, entré en 1949, dont Maurice Greslé-Bouignol intègre l’inventaire à la publication en cours. La table des noms et l’index des localités qui clôturent le volume sont imprimés en 1950 ; le répertoire des minutes notariales déposées aux Archives du Tarn (365) est achevé en 1951 ; il est distribué début 1952.

Ce répertoire est divisé en quatre sections :
I. « Ancien fonds », qui correspond à l’inventaire d’Emile Jolibois dans la série E, sauf la dizaine d’articles intégrés au E supplément, qu’on avait dû oublier.
II. Petits fonds jusqu’en 1944, sous l’appellation « Acquisitions et dons » (section ouverte).
III. « Fonds notariaux déposés antérieurement à la loi du 14 mars 1928 », de Lafage et Cambefort à Malaval.
IV. « Dépôts effectués en vertu de la loi du 14 mars 1928 », du fonds Esquilat au fonds Ducos.

Les fonds ne sont toujours pas cotés, sauf l’« ancien fonds ». C’est pourquoi, après cette publication, Maurice Greslé-Bouignol prévoit une cotation générale (donc rétroactive) des archives notariales selon le système de cotation dans la série E prescrit par nos règlements (c’est-à-dire la circulaire du 26 juillet 1913) : les notaires sont placés dans la sous-série III E et les registres sont cotés en continu, de III E 1 – premier registre de l’ancien fonds, alors coté E 308 – jusqu’au fonds Ducos, qui s’achève avec la cote III E 8295. Cette table de concordance ouvre le second volume imprimé des archives notariales du Tarn, dont l’impression débute en 1954-1955. Cette cotation reste toutefois virtuelle, comme l’avait été celle en VII E. Néanmoins Maurice Greslé-Bouignol l’applique à partir du fonds Veyrac, entré en 1951, et qu’il classe jusqu’en 1953 : le dépôt reçoit les cotes, réelles cette fois, III E 8296 et suivantes, et ainsi de suite pour les versements successifs Julien, Cormouls, Desnoyers I et Bosc, jusqu’à ce que la machine se grippe…

En effet, le classement du fonds Estavialle (plus de 500 registres entrés en 1954, après le fonds Bosc) débute en 1959, alors que huit autres fonds sont déjà entrés. A partir de 1962, Maurice Greslé-Bouignol est obligé d’interrompre le travail sur le fonds Estavialle pour classer les fonds en attente. Il décrit très bien lui-même la logique infernale qui se met en place dans son rapport de 1964-1965 : Des demandes de recherches m’ont obligé à considérer comme prioritaire la mise en ordre des fonds non encore répertoriés. J’ai donc encore une fois interrompu la poursuite du répertoire imprimé pour classer et dresser des répertoires provisoires de tous les fonds déposés en attente de classement.

Du fait de cette cotation continue dans la sous-série III E, tant que le classement du fonds Estavialle n’est pas achevé, les fonds ultérieurs ne peuvent pas recevoir leurs cotes définitives, même s’ils sont classés : ainsi l’inventaire du fonds Cahuzac est achevé en 1965, mais quatorze versements le séparent encore de l’inventaire Estavialle en cours… En 1968-1969, tous les fonds déposés depuis 1954 sont classés et pourvus de répertoires provisoires ou définitifs, mais déjà 500 nouveaux registres sont arrivés. L’inventaire Estavialle est achevé et reçoit l’agrément des Archives de France en 1970-1971 ; le bon à tirer est signé en 1971-1972. L’inventaire suivant (Mons II) le suit immédiatement chez l’imprimeur. Ce sera le dernier inventaire imprimé.

En effet, les inventaires suivants concernent les dons et acquisitions de la section II, dont l’inventaire s’était arrêté en 1944. Or la série n’est pas matériellement constituée. C’est à partir de 1974-1975 que Maurice Greslé-Bouignol entreprend de prélever les documents notariaux dans la sous-série 1 J, qui accueille, aux Archives départementales, les pièces isolées et les petits fonds entrés par voie de don, achat, etc. Doit venir ensuite l’énorme fonds Malphettes : comptant 880 articles entrés en 1954 et 1958, il est pourvu d’un excellent inventaire sommaire d’Auguste Vidal – historien qui avait eu accès au fonds chez le notaire vers 1900 – sur 29 cahiers manuscrits d’une écriture difficile, et non structuré. En 1983, la publication du répertoire des archives notariales du Tarn est toujours arrêtée (…) devant ce fonds. A son départ en retraite, même s’il n’a pas pu surmonter le colossal obstacle Malphettes, Maurice Greslé-Bouignol est quasiment à jour de son classement des archives notariales et fait tenir à jour, pour les recherches, un fichier papier des notaires, ouvert en 1972, par commune, et par nom de notaires (366).

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